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Vous possédez une grande parcelle et envisagez d’en détacher une partie ? Votre terrain pourrait accueillir deux ou trois maisons ? Vous vous demandez s’il serait plus intéressant de créer une SCI avant de diviser le terrain ?

L’idée revient régulièrement.

Pourtant, deux notions différentes sont souvent mélangées :

  • la division du terrain relève principalement du foncier et de l’urbanisme ;
  • la SCI est avant tout une structure juridique permettant de détenir et gérer un patrimoine immobilier à plusieurs.

Il n’est donc absolument pas obligatoire de créer une SCI pour diviser un terrain pour vendre.

Qu’est-ce qu’une SCI ?

Une Société civile immobilière est une structure permettant à plusieurs associés de détenir et gérer un ou plusieurs biens immobiliers.

Le guide officiel du ministère de l’Économie sur la SCI rappelle qu’elle doit comprendre au minimum deux associés. Le patrimoine immobilier appartient alors à la société et les associés détiennent des parts sociales correspondant à leurs apports.

La SCI peut notamment être utilisée pour :

  • organiser un patrimoine familial ;
  • acheter à plusieurs ;
  • gérer plusieurs biens ;
  • faciliter certaines transmissions ;
  • définir des règles précises de gestion.

Elle n’a cependant pas pour fonction de rendre un terrain constructible.

Peut-on diviser un terrain sans SCI ?

Oui.

Un particulier propriétaire d’une parcelle peut parfaitement demander une division parcellaire et vendre le lot créé sans constituer une société.

Exemple :

vous possédez une maison sur une parcelle de 2 200 m².

Le PLU et la configuration permettent potentiellement de détacher 850 m².

Vous pouvez étudier une division et vendre ce nouveau lot directement.

La SCI ne constitue donc pas une étape obligatoire.

Pourquoi diviser un terrain avant de vendre ?

Une division de terrain peut permettre de valoriser une propriété importante.

Une maison entourée d’un très grand jardin peut parfois intéresser moins d’acquéreurs qu’une maison disposant d’un terrain plus raisonnable associée à un lot constructible vendu séparément.

Mais il faut impérativement comparer :

  •  valeur du bien avant division
    contre
  • valeur de la maison après division + valeur du nouveau terrain – coûts et fiscalité.

Une division mal conçue peut aussi diminuer la valeur de la maison existante.

Par exemple si elle supprime :

  • une belle vue ;
  • l’intimité ;
  • une grande partie du jardin ;
  • un accès confortable ;
  • la possibilité de construire une piscine ;
  • une future extension.

L’objectif n’est donc pas simplement de créer le plus grand nombre possible de lots.

Qu’est-ce qu’une division parcellaire ?

Une division parcellaire consiste à détacher une partie d’une propriété.

Lorsqu’elle vise la création d’un ou plusieurs terrains destinés à être bâtis, elle peut relever du régime juridique du lotissement.

Le Code de l’urbanisme concernant les lotissements prévoit notamment que les lotissements qui ne sont pas soumis à permis d’aménager doivent faire l’objet d’une déclaration préalable.

La formalité nécessaire dépend donc du projet.

Déclaration préalable ou permis d’aménager ?

C’est l’une des premières questions à résoudre.

Pour certains projets relativement simples, une déclaration préalable de division peut suffire. D’autres opérations nécessitent un permis d’aménager, notamment selon la configuration, la localisation et la création éventuelle de voies, espaces ou équipements communs.

Le Code de l’urbanisme prévoit précisément que la nécessité du permis d’aménager dépend notamment de la localisation de l’opération et de la création de voies ou d’équipements communs.

Il ne faut donc pas appliquer automatiquement la même procédure à toutes les divisions.

Le géomètre-expert est-il indispensable ?

Son intervention est très souvent déterminante.

Le géomètre-expert peut notamment :

  • mesurer précisément le terrain ;
  • matérialiser les limites ;
  • établir le projet de division ;
  • préparer les documents cadastraux ;
  • identifier certaines contraintes techniques ;
  • procéder au bornage.

Dans une opération à forte valeur, son travail peut aussi aider à optimiser le découpage.

Créer deux terrains de 700 m² n’a pas nécessairement la même valeur que créer un terrain de 900 m² et conserver 500 m² supplémentaires avec la maison.

Pourquoi faut-il regarder le PLU avant la SCI ?

Parce que la structure juridique ne change absolument pas les règles de construction.

Créer une SCI ne permet pas de contourner :

  • le zonage ;
  • l’emprise au sol ;
  • les hauteurs ;
  • les distances ;
  • les accès ;
  • les stationnements ;
  • les espaces verts ;
  • les risques naturels ;
  • les servitudes.

Il faut donc commencer par déterminer ce que le terrain permet réellement.

Seulement ensuite vient la question : qui doit posséder les différents lots ?

Quand une SCI devient-elle intéressante ?

La SCI devient beaucoup plus pertinente lorsqu’il existe une vraie logique de gestion à plusieurs ou de transmission.

Exemple :

des parents possèdent un vaste terrain.

Ils souhaitent :

  • détacher deux parcelles ;
  • conserver une partie du foncier ;
  • construire un logement destiné à la location ;
  • associer progressivement leurs enfants ;
  • transmettre le patrimoine sur plusieurs années.

Dans ce cas, la SCI familiale peut devenir un véritable outil patrimonial.

Le ministère de l’Économie souligne notamment que la SCI peut faciliter la gestion et la transmission d’un patrimoine immobilier.

Et si le but est simplement de vendre ?

Si vous détenez personnellement un terrain et souhaitez simplement détacher un lot puis le vendre, créer une SCI uniquement pour réaliser cette opération n’est pas nécessairement utile.

La création implique :

  • des statuts ;
  • une immatriculation ;
  • un gérant ;
  • des obligations administratives ;
  • une gestion comptable ;
  • éventuellement des coûts de conseil.

Il faut également étudier les conséquences d’un apport du terrain à la société.

Une opération réalisée en plusieurs étapes peut parfois coûter davantage qu’une vente directe.

Une SCI permet-elle de payer moins d’impôts ?

Pas automatiquement.

C’est probablement l’une des idées reçues les plus dangereuses.

Une SCI peut être soumise à des régimes fiscaux différents.

La fiscalité dépend notamment :

  • de la nature de la SCI ;
  • du régime fiscal ;
  • de la durée de détention ;
  • du mode d’acquisition du terrain ;
  • de la situation personnelle des associés ;
  • du projet de revente.

Une SCI relevant de l’impôt sur le revenu et une SCI soumise à l’impôt sur les sociétés peuvent produire des résultats très différents lors d’une cession.

Il ne faut donc jamais créer une SCI uniquement sur la promesse générale de « payer moins d’impôts ».

SCI ou indivision ?

Lorsqu’un terrain est hérité par plusieurs personnes, il est souvent détenu en indivision.

Chaque héritier possède alors une quote-part.

La SCI peut éventuellement permettre d’organiser la gestion différemment.

Le ministère de l’Économie explique également les différences entre SCI et indivision : dans une SCI, chaque associé détient des parts sociales, tandis qu’en indivision chaque indivisaire possède une quote-part portant sur l’ensemble du bien.

Mais si tous les héritiers souhaitent immédiatement vendre le terrain, créer une nouvelle société n’est pas forcément pertinent.

Une SCI facilite-t-elle une succession ?

Elle peut faciliter une stratégie de transmission.

Des parents peuvent notamment transmettre progressivement des parts de SCI plutôt que de diviser physiquement chaque bien entre leurs enfants.

Cela permet aussi de définir dans les statuts certaines règles concernant :

  • la gestion ;
  • les décisions ;
  • la cession des parts ;
  • l’entrée de nouveaux associés.

L’intérêt est surtout visible lorsque le patrimoine doit rester dans la famille sur une longue période.

Peut-on créer une SCI après la division ?

Oui.

Il n’existe aucune obligation selon laquelle la SCI doit nécessairement être créée avant la division.

Selon le projet, il peut même être plus logique de :

  1. analyser le terrain ;
  2. déterminer les lots ;
  3. obtenir les autorisations nécessaires ;
  4. estimer la valeur de chaque partie ;
  5. déterminer ce qui sera vendu ou conservé ;
  6. puis choisir la structure patrimoniale adaptée.

Cela évite de créer une société avant même de connaître le potentiel réel du terrain.

Quel est l’ordre idéal avant une division ?

Étape 1 : étudier le PLU

Vérifiez la constructibilité réelle.

Étape 2 : analyser les accès

Un terrain constructible sans accès techniquement viable peut être beaucoup moins intéressant.

Étape 3 : identifier les réseaux

Eau, électricité et assainissement peuvent influencer fortement le coût futur.

Étape 4 : étudier la division

Faites établir différents scénarios.

Étape 5 : estimer chaque scénario

Comparez la vente globale avec la vente après division.

Étape 6 : calculer la fiscalité

Une plus-value ou d’autres conséquences fiscales peuvent modifier la rentabilité réelle.

Étape 7 : choisir la structure

C’est seulement ici que la question de la SCI devient réellement pertinente.

Un exemple concret

Un propriétaire dispose d’une villa sur 3 000 m² dans les Alpes-Maritimes.

Le PLU permet potentiellement de créer deux nouveaux lots.

Scénario A :

vente de la propriété complète : 1 250 000 €.

Scénario B :

maison avec terrain réduit : 950 000 €
lot 1 : 350 000 €
lot 2 : 320 000 €.

La valeur brute théorique après division atteindrait 1 620 000 €.

Mais il faut encore retirer ou intégrer :

  • les frais de géomètre ;
  • les travaux éventuels ;
  • les accès ;
  • la fiscalité ;
  • les délais ;
  • la perte éventuelle de valeur de la villa ;
  • les risques liés aux autorisations.

Ce n’est qu’après cette analyse que la stratégie devient réellement comparable.

Attention aux divisions importantes

Lorsqu’une opération prend une dimension répétitive ou véritablement commerciale, la situation fiscale peut devenir plus complexe.

Acheter, aménager, diviser et revendre plusieurs terrains n’est pas nécessairement traité de la même manière qu’un propriétaire qui détache ponctuellement une partie de son jardin.

Pour une opération importante, une étude notariale et fiscale spécifique est donc préférable.

Il n’est pas nécessaire de créer une SCI pour diviser un terrain.

La priorité consiste d’abord à vérifier :

  • la constructibilité ;
  • le PLU ;
  • les accès ;
  • la faisabilité de la division ;
  • les autorisations ;
  • la valeur après découpage ;
  • la fiscalité.

La SCI devient intéressante lorsque le projet comporte une véritable dimension de gestion familiale, d’investissement ou de transmission patrimoniale.

Pour une simple vente d’une partie de terrain, elle peut au contraire apporter une complexité inutile.

FAQ

Faut-il une SCI pour vendre une partie de son terrain ?

Non. Un particulier peut diviser un terrain pour vendre sans créer de SCI, sous réserve de respecter les règles d’urbanisme et les formalités nécessaires.

Une division de terrain nécessite-t-elle une autorisation ?

Lorsqu’elle constitue un lotissement, une déclaration préalable ou un permis d’aménager peut être nécessaire selon la configuration du projet.

La SCI permet-elle automatiquement de payer moins de plus-value ?

Non. La fiscalité dépend de nombreux paramètres, dont le régime fiscal de la SCI et la nature de l’opération. Une étude spécifique est nécessaire avant de choisir cette structure.

Quel est le principal intérêt d’une SCI ?

La SCI est principalement intéressante pour détenir, gérer et transmettre un patrimoine immobilier à plusieurs, plutôt que comme simple outil de division foncière.

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Sylvain
Gérant de Terrain éco habitat
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