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Vous possédez un grand terrain et vous envisagez d’en détacher une parcelle pour la vendre ? Vous souhaitez diviser une propriété entre plusieurs membres de votre famille ou conserver plusieurs terrains sur le long terme ?

 

Dans ce type de projet, la création d’une société civile immobilière, plus connue sous le nom de SCI, est parfois présentée comme une solution permettant de simplifier la gestion et de réduire la fiscalité.

Pourtant, créer une SCI pour vendre un terrain n’est ni obligatoire ni systématiquement avantageux.

 

Lorsqu’un propriétaire souhaite simplement diviser son jardin et vendre une parcelle de manière ponctuelle, la vente directe en son nom peut être beaucoup plus simple. La création d’une société entraîne des démarches, des frais et des obligations qui ne sont pas toujours justifiés.

En revanche, une SCI peut présenter un réel intérêt lorsqu’un terrain appartient à plusieurs personnes, lorsqu’il doit être conservé sur plusieurs générations ou lorsqu’un projet immobilier familial est prévu sur le long terme.

Avant de créer une structure, il est donc important de distinguer la division du terrain, la propriété du bien et la stratégie patrimoniale.

Une SCI est-elle obligatoire pour diviser un terrain ?

Non. Il n’est pas nécessaire de créer une SCI pour réaliser une division parcellaire.

Un particulier peut parfaitement diviser un terrain qu’il possède en son nom.

La division consiste à détacher une ou plusieurs nouvelles parcelles à partir d’une propriété existante. Elle peut être réalisée afin de :

  • vendre une partie de son jardin ;
  • créer un terrain à bâtir ;
  • transmettre une parcelle à un enfant ;
  • conserver plusieurs lots indépendants ;
  • préparer un futur projet immobilier.

La faisabilité dépend principalement des règles d’urbanisme et des caractéristiques du terrain, et non de l’existence d’une SCI.

Avant de commencer, il est conseillé de consulter le plan local d’urbanisme sur le Géoportail de l’Urbanisme et de contacter le service urbanisme de la commune.

Selon la configuration du projet, la création de terrains destinés à être bâtis peut nécessiter une déclaration préalable ou un permis d’aménager. Les règles sont détaillées sur la page officielle consacrée aux autorisations nécessaires pour diviser un terrain.

Un géomètre-expert peut également intervenir afin de préparer le plan de division, définir les nouvelles limites et établir les documents nécessaires à la modification du parcellaire cadastral.

La SCI ne remplace donc ni les règles du PLU ni les démarches liées à la division.

Qu’est-ce qu’une SCI ?

Une SCI est une société permettant à plusieurs personnes de détenir et de gérer ensemble un ou plusieurs biens immobiliers.

Elle doit normalement comprendre au moins deux associés. Chaque associé détient des parts sociales correspondant à ses apports, tandis que les terrains et les bâtiments appartiennent directement à la société.

La SCI peut notamment être utilisée pour :

  • acheter un terrain à plusieurs ;
  • gérer un patrimoine immobilier familial ;
  • éviter certaines difficultés liées à l’indivision ;
  • organiser la transmission progressive d’un patrimoine ;
  • définir des règles de gestion dans les statuts ;
  • conserver plusieurs biens sur le long terme.

La société est administrée par un ou plusieurs gérants. Les pouvoirs du gérant et les règles de décision sont définis dans les statuts.

La SCI est avant tout un outil de gestion et de transmission immobilière. Elle n’est pas automatiquement une solution permettant de payer moins d’impôts ou de vendre plus facilement.

Dans quels cas créer une SCI peut être utile ?

Un terrain acheté ou conservé à plusieurs

La SCI peut être intéressante lorsque plusieurs personnes souhaitent acheter, conserver ou exploiter ensemble un terrain.

Par exemple, des parents et leurs enfants peuvent créer une SCI pour acquérir une grande propriété, construire plusieurs logements ou conserver des parcelles destinées à être louées.

Chaque personne détient alors des parts de la société plutôt qu’une fraction physique du terrain.

Les statuts peuvent préciser :

  • les pouvoirs du gérant ;
  • les règles de vote ;
  • les conditions d’entrée d’un nouvel associé ;
  • les conditions de cession des parts ;
  • les modalités de gestion des terrains ;
  • les règles applicables en cas de décès.

Cette organisation peut être plus stable qu’une indivision lorsque le patrimoine doit être conservé pendant plusieurs années.

Toutefois, les décisions ne deviennent pas automatiquement plus simples. En l’absence de règles particulières prévues par les statuts, certaines décisions d’une société civile doivent être adoptées à l’unanimité.

Des statuts mal adaptés peuvent donc créer des blocages au lieu de les éviter.

Un projet familial sur le long terme

La SCI familiale peut faciliter la gestion et la transmission d’un patrimoine immobilier.

Les parents peuvent transmettre progressivement des parts sociales plutôt que diviser immédiatement chaque terrain entre les enfants.

La société reste propriétaire des biens, tandis que la répartition des parts peut évoluer au fil du temps.

Cette organisation peut être intéressante lorsqu’une famille souhaite conserver plusieurs terrains, des logements locatifs ou une propriété importante.

Elle nécessite toutefois une véritable stratégie patrimoniale.

Créer une SCI uniquement quelques semaines avant une vente n’apporte généralement pas les mêmes avantages qu’une structure pensée pour conserver et transmettre des biens sur plusieurs années.

Plusieurs parcelles destinées à être conservées ou louées

Après une division, le propriétaire peut souhaiter vendre un lot et conserver les autres pour les louer ou construire des biens destinés à la location.

Dans ce cas, une SCI peut permettre de regrouper les parcelles conservées dans une même structure et d’organiser leur gestion.

Elle peut notamment être utile lorsque plusieurs associés financent les travaux ou souhaitent répartir les revenus en fonction de leur participation.

Avant de choisir cette solution, il faut toutefois comparer les conséquences d’une SCI imposée à l’impôt sur le revenu et celles d’une SCI soumise à l’impôt sur les sociétés.

Le choix fiscal peut avoir des conséquences importantes lors d’une future revente.

Dans quels cas la SCI est-elle souvent inutile ?

Pour une personne seule qui possède déjà un terrain et souhaite simplement détacher puis vendre une parcelle, la création d’une SCI est souvent disproportionnée.

Le projet nécessite déjà plusieurs démarches :

  • étude du PLU ;
  • intervention éventuelle d’un géomètre ;
  • autorisation d’urbanisme ;
  • préparation du terrain ;
  • rédaction du compromis ;
  • vente chez le notaire.

Créer une société ajoute notamment :

  • la rédaction des statuts ;
  • la publication d’un avis de constitution ;
  • l’immatriculation de la SCI ;
  • la tenue des décisions des associés ;
  • des obligations administratives ;
  • une gestion comptable adaptée ;
  • des frais supplémentaires.

La SCI n’augmente pas automatiquement la valeur du terrain et ne facilite pas l’obtention d’une autorisation de division.

Pour une vente ponctuelle d’une partie de terrain, conserver la propriété en nom propre peut donc être plus simple.

Peut-on apporter un terrain déjà détenu à une nouvelle SCI ?

Oui. Un propriétaire peut créer une SCI puis lui apporter un terrain qu’il possède déjà.

Cependant, cette opération ne correspond pas à un simple changement de nom.

Après l’apport, la SCI devient propriétaire du terrain et l’ancien propriétaire reçoit des parts sociales en contrepartie.

Lorsqu’un bien immobilier est apporté au capital d’une société, un acte notarié et des formalités de publicité foncière sont nécessaires.

L’opération peut également entraîner :

  • des frais de notaire ;
  • des frais de création de société ;
  • des frais de publicité foncière ;
  • des conséquences fiscales ;
  • une éventuelle imposition de la plus-value ;
  • des droits ou taxes selon la nature de l’apport.

Les conséquences diffèrent notamment selon que l’apport est réalisé à titre pur et simple ou que la SCI reprend une dette liée au bien.

Si le terrain est déjà détenu depuis plusieurs années et doit être vendu prochainement, il est donc important de comparer le coût de l’apport avec les avantages réellement attendus.

Créer une SCI uniquement pour lui transférer un terrain avant sa vente peut ajouter une opération coûteuse sans créer de gain particulier.

Une SCI permet-elle de payer moins d’impôts sur la vente ?

Pas automatiquement.

Le résultat dépend notamment :

  • du régime fiscal de la SCI ;
  • de la durée de détention ;
  • du prix d’acquisition ;
  • du prix de vente ;
  • des travaux réalisés ;
  • de la situation des associés ;
  • de l’utilisation du terrain.

Dans une SCI relevant de l’impôt sur le revenu, la plus-value immobilière peut être imposée au nom des associés en fonction de leurs parts. Le régime des plus-values immobilières des particuliers peut alors s’appliquer selon la situation.

Les plus-values immobilières des particuliers peuvent bénéficier d’abattements liés à la durée de détention.

Dans une SCI soumise à l’impôt sur les sociétés, le calcul est différent. Les amortissements pratiqués pendant la détention peuvent notamment modifier la valeur comptable utilisée lors de la vente.

Il ne faut donc pas choisir l’impôt sur les sociétés uniquement parce que l’imposition des revenus paraît plus avantageuse pendant les premières années.

Une simulation réalisée par un notaire, un avocat fiscaliste ou un expert-comptable est recommandée avant la création de la société.

Une SCI peut-elle diviser puis vendre plusieurs terrains ?

Une SCI peut vendre un terrain qu’elle possède, sous réserve que l’opération respecte son objet social, ses statuts et les règles de décision applicables.

Les statuts doivent être consultés afin de vérifier les pouvoirs du gérant et les éventuelles autorisations nécessaires.

La vente d’un bien important ou du seul actif de la société peut avoir des conséquences particulières sur l’objet et la poursuite de la SCI. Il ne faut donc pas considérer que le gérant peut toujours décider seul.

Une autre vigilance concerne la répétition des opérations.

Une SCI classique est destinée à exercer une activité civile de gestion immobilière. Si elle achète régulièrement des terrains avec l’intention de les diviser puis de les revendre, son activité peut prendre un caractère commercial.

L’administration fiscale analyse notamment l’intention de revendre et le caractère habituel des opérations. Une société civile réalisant de manière répétée des acquisitions et des reventes peut être considérée comme exerçant une activité de marchand de biens.

Une vente occasionnelle d’un terrain détenu depuis longtemps ne correspond pas nécessairement à une activité commerciale.

En revanche, un projet consistant à acheter régulièrement des terrains, les diviser et revendre les lots doit être étudié avec un professionnel avant de choisir la structure juridique.

SCI ou vente directe : comment choisir ?

Avant de créer une SCI, posez-vous plusieurs questions :

  • Le terrain est-il déjà à votre nom ?
  • Souhaitez-vous vendre une seule parcelle ?
  • Plusieurs personnes participent-elles au projet ?
  • Les terrains restants seront-ils conservés pendant longtemps ?
  • Une transmission aux enfants est-elle prévue ?
  • Les futures parcelles seront-elles louées ?
  • Plusieurs opérations de division et de vente sont-elles envisagées ?
  • La SCI apporte-t-elle un avantage concret par rapport à la propriété directe ?

Pour une division suivie d’une vente unique, la propriété en nom propre est souvent plus simple.

Pour un patrimoine détenu à plusieurs, destiné à être conservé, géré ou transmis sur le long terme, la SCI peut devenir pertinente.

La décision doit être prise avant la réalisation des principales opérations, car transférer ensuite un terrain à une SCI peut entraîner de nouveaux frais et des conséquences fiscales.

Il n’est pas nécessaire de créer une SCI pour diviser ou vendre un terrain.

La division dépend principalement des règles d’urbanisme, de la configuration de la parcelle et des autorisations nécessaires.

Pour un propriétaire qui souhaite simplement vendre une partie de son jardin, la création d’une SCI peut ajouter des frais et des obligations sans apporter d’avantage réel.

En revanche, la SCI peut être intéressante lorsqu’un terrain doit être détenu à plusieurs, conservé sur le long terme ou transmis progressivement à des membres de la famille.

Elle peut également faciliter l’organisation d’un patrimoine comprenant plusieurs parcelles ou plusieurs biens locatifs.

Avant de créer une société, comparez le coût de la structure, les conséquences fiscales et les objectifs patrimoniaux.

Le notaire peut étudier la propriété du terrain et la transmission. L’expert-comptable peut comparer les régimes fiscaux. Le géomètre-expert et le service urbanisme interviennent quant à eux sur la faisabilité de la division.

La meilleure solution n’est donc pas nécessairement la plus complexe, mais celle qui correspond réellement au projet.

FAQ sur la SCI et la division de terrain

Faut-il créer une SCI pour vendre une partie de son jardin ?

Non. Un particulier peut diviser et vendre une partie de son terrain sans créer de SCI. La division doit toutefois respecter le PLU et les éventuelles autorisations d’urbanisme.

Une SCI permet-elle d’éviter l’impôt sur la plus-value ?

Non. La création d’une SCI ne supprime pas automatiquement l’imposition de la plus-value. Le calcul dépend du régime fiscal de la société, de la durée de détention et des caractéristiques de la vente.

Peut-on créer une SCI après avoir acheté un terrain ?

Oui, mais le transfert du terrain à la SCI nécessite un apport ou une vente. Cette opération entraîne des formalités, des frais et peut avoir des conséquences fiscales. Une étude préalable avec un notaire est recommandée.

Une SCI peut-elle vendre plusieurs terrains après une division ?

Oui, sous réserve du respect des statuts et des règles applicables. Cependant, des opérations répétées d’achat, de division et de revente peuvent être considérées comme une activité commerciale. La structure et le régime fiscal doivent alors être étudiés avec un professionnel.

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Sylvain
Gérant de Terrain éco habitat
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