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Votre locataire ne paie plus depuis plusieurs mois. Les relances restent sans réponse. Les promesses de régularisation ne se concrétisent pas. Et la dette locative s’accumule. Face à cette situation que connaît malheureusement un bailleur sur deux, une question revient systématiquement : est-il possible de saisir directement le salaire du locataire ?

La réponse est oui — mais pas sans conditions, et pas sans procédure. Et depuis le 1er juillet 2025, cette procédure a été profondément réformée pour devenir plus rapide, plus directe et plus efficace pour les propriétaires bailleurs. Voici ce qu’il faut savoir.

Ce que dit la loi : la saisie sur salaire pour loyers impayés est légale

Une procédure encadrée par la réforme de juillet 2025

Depuis le 1er juillet 2025, les loyers impayés peuvent être prélevés directement sur les salaires du locataire, selon des modalités simplifiées. MACSF

Cette réforme, issue de la loi n° 2023-1059 du 20 novembre 2023 et du décret n° 2025-125 du 12 février 2025, marque une étape décisive en confiant désormais l’intégralité de la gestion de la saisie sur salaire au commissaire de justice, sans passer par le juge. Journal de l’Agence

Avant cette réforme, dans bien des cas, une année entière pouvait s’écouler entre le premier impayé et le premier prélèvement effectif sur salaire. Ce système lourd et contreproductif dissuadait nombre de bailleurs pour qui les loyers représentent souvent une ressource vitale. En théorie, cette nouvelle approche réduit le délai de recouvrement à environ deux mois. Journal de l’AgenceInvestisseurs Heureux

La condition préalable indispensable : le titre exécutoire

La saisie sur salaire n’est possible que si vous détenez un titre exécutoire constatant officiellement la dette locative de votre locataire. Sans ce document, aucune procédure de recouvrement forcé ne peut être engagée. Occi-avocats

Le propriétaire ne peut pas demander à l’employeur du locataire de retenir une somme sur le salaire sur la seule base de quittances impayées ou d’échanges de mails. Il faut un acte reconnu par l’ordre juridique. ADG Location

Le titre exécutoire peut prendre plusieurs formes selon votre situation :

  • Le jugement du tribunal judiciaire : après assignation du locataire pour résiliation du bail et paiement des loyers. C’est la forme la plus courante.
  • L’injonction de payer : procédure plus rapide et moins coûteuse, sans audience contradictoire, à condition que la créance soit incontestable et justifiée par des éléments écrits (bail, quittances, relances).
  • L’acte notarié avec formule exécutoire : si votre contrat de location a été conclu par acte notarié.

Pour un impayé supérieur à 10 000 €, l’intervention d’un avocat est obligatoire. Asartis

La procédure de saisie sur salaire étape par étape

Étape 1 — Obtenir le titre exécutoire

C’est le point de départ obligatoire. Si vous n’en disposez pas encore, deux voies s’offrent à vous selon la situation :

L’injonction de payer est adaptée lorsque la dette est incontestable : le locataire ne paie pas mais ne conteste pas le montant dû. La procédure est rapide et peu coûteuse. En revanche, si le locataire conteste la dette — en invoquant par exemple des désordres dans le logement — l’injonction de payer n’est pas la voie appropriée et il faut engager une procédure au fond devant le tribunal judiciaire. Bien que plus longue (6 à 12 mois), cette procédure permet un examen contradictoire complet. Occi-avocats

Étape 2 — Le commandement de payer par le commissaire de justice

Le commissaire de justice signifie au locataire un commandement de payer. Il détaille les sommes dues (loyers, charges, intérêts), informe le locataire de ses droits (contestation, surendettement) et fixe un délai d’un mois pour réagir, soit en payant, soit en sollicitant un accord. MACSF

Le commandement doit être inscrit sur le registre numérique des saisies des rémunérations dès sa signification. MACSF

Durant ce délai d’un mois, trois issues sont possibles : le locataire règle sa dette, il négocie un échéancier avec vous, ou il conteste la procédure devant le juge de l’exécution. Cette contestation suspend la mise en œuvre de la procédure jusqu’à ce que le juge valide ou invalide la saisie. Asartis

Étape 3 — La notification à l’employeur

Si aucune action n’est entreprise par le locataire, le commissaire peut, entre un et au plus tard trois mois après le commandement, notifier à l’employeur un procès-verbal de saisie. Journal de l’Agence

Un commissaire de justice répartiteur, formé spécifiquement, se charge ensuite de vérifier les montants, répartir les sommes, informer les parties et tenir à jour le registre national des saisies. Journal de l’Agence

Étape 4 — Les retenues mensuelles sur salaire

L’employeur reçoit le procès-verbal de saisie et doit prélever mensuellement la quotité saisissable selon le barème prévu par le code du travail. L’employeur retient alors la fraction saisissable du salaire et la verse chaque mois à un commissaire de justice répartiteur, qui redistribue les sommes aux créanciers. Ventes ImmoJournal de l’Agence

La saisie prend fin lorsque la dette est entièrement remboursée, sur décision du juge ou accord des créanciers. En cas de mainlevée, le commissaire doit informer l’employeur dans les 8 jours et radier le procès-verbal du registre. Asartis

Ce que vous pouvez saisir : la quotité saisissable

Un salaire partiellement protégé

Le salaire du locataire ne peut pas être saisi dans sa totalité. Cette procédure repose sur un équilibre subtil : garantir le droit du propriétaire à percevoir ses loyers tout en protégeant le locataire contre la précarité via le seuil insaisissable et le barème progressif. Occi-avocats

La quotité saisissable est calculée selon un barème progressif fixé par décret, révisé annuellement en fonction de l’indice des prix à la consommation. Plus le salaire est élevé, plus la fraction saisissable est importante. Une fraction minimale reste toujours insaisissable pour préserver le niveau de ressources de base du débiteur.

Les conséquences pratiques pour le recouvrement

Une dette de 5 000 euros sur un salaire modeste peut nécessiter 12 à 24 mois de saisie, tandis que sur un salaire élevé, le remboursement peut être plus rapide. Occi-avocats

Autre limite : le locataire peut ne pas disposer d’un revenu suffisant pour absorber une retenue significative. Les plafonds de saisissabilité réduisent alors la portée du dispositif. La saisie sur salaire est donc un outil efficace pour les locataires salariés avec des revenus stables, mais moins adapté aux situations d’insolvabilité réelle. ADG Location

Les droits du locataire pendant la procédure

La contestation dans le délai d’un mois

Le locataire conserve des droits importants tout au long de la procédure. Le locataire peut contester la saisie dans un délai d’un mois après le commandement de payer. Il peut également saisir le Juge de l’exécution (JEX) à tout moment pour contrôler la procédure. Asartis

Le recours au surendettement

Si le locataire est dans une situation financière très dégradée, il peut déposer un dossier de surendettement auprès de la Banque de France. La procédure peut être suspendue si le locataire présente un plan de paiement ou s’engage dans une démarche de surendettement. Ventes Immo

Les conséquences pour le locataire

Une saisie sur salaire est inscrite au fichier national des incidents de remboursement (FICP) de la Banque de France si elle s’accompagne d’autres incidents de paiement. Cela complique grandement l’obtention de nouveaux crédits pendant 5 ans. Ces conséquences constituent souvent une incitation forte à régulariser la situation avant que la saisie n’atteigne l’employeur. Occi-avocats

Saisie sur salaire ou expulsion : quelle stratégie choisir ?

La saisie sur salaire pour loyers impayés et la procédure d’expulsion ne sont pas mutuellement exclusives. Dans la pratique, elles s’articulent souvent :

  • Si le locataire est encore dans les lieux, la procédure d’expulsion reste prioritaire pour récupérer votre bien. La condamnation au paiement des loyers obtenue dans ce cadre devient ensuite le titre exécutoire pour la saisie sur salaire.
  • Si le locataire a quitté les lieux mais laisse une dette importante, la saisie sur salaire est souvent le recours le plus efficace pour récupérer les sommes dues sans nouvelle procédure judiciaire.
  • La garantie loyers impayés (GLI) couvre les impayés mais ne dispense pas d’agir. Avoir souscrit une GLI ne dispense pas le propriétaire d’agir, surtout si le locataire occupe encore les lieux. Ventes Immo

FAQ — Saisie sur salaire et loyers impayés

Peut-on engager une saisie sur salaire sans passer par le tribunal depuis 2025 ?

La réforme entrée en vigueur le 1er juillet 2025 a considérablement simplifié cette procédure en permettant la saisie sur salaire sans audience judiciaire préalable, dès lors que le bailleur dispose d’un titre exécutoire constatant la dette locative. En revanche, l’obtention du titre exécutoire lui-même — jugement ou injonction de payer — nécessite toujours une démarche judiciaire préalable si vous n’en disposez pas déjà. Occi-avocats

Que se passe-t-il si l’employeur refuse de retenir le salaire ?

Dans la très grande majorité des cas, les employeurs respectent scrupuleusement leurs obligations légales. Un employeur qui ne respecterait pas l’obligation de retenue s’exposerait à des sanctions. En cas de difficultés, le commissaire de justice intervient pour sécuriser le bon déroulement de la saisie, et votre avocat peut agir pour contraindre l’employeur à respecter ses obligations. Occi-avocats

La saisie sur salaire fonctionne-t-elle si le locataire change d’employeur ?

Oui. La saisie suit le débiteur et non l’employeur. Si le locataire change de travail, certains salariés démissionnent pour échapper à cette situation, mais la saisie les suivra chez le nouvel employeur. Le commissaire de justice est notifié du changement et met à jour la procédure auprès du nouvel employeur. Le registre national des saisies des rémunérations créé par la réforme de 2025 facilite ce suivi. Occi-avocats

Quels sont les délais réalistes pour récupérer les loyers impayés par saisie sur salaire ?

En théorie, la nouvelle procédure réduit le délai de recouvrement à environ deux mois entre le commandement de payer et les premières retenues effectives, contre parfois un an sous l’ancien système. Dans la pratique, ce délai inclut : un mois pour le commandement de payer, jusqu’à trois mois pour la notification à l’employeur si le locataire reste inactif, puis des retenues mensuelles dont la durée dépend du montant de la dette et du niveau de salaire. Investisseurs Heureux

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Sylvain
Gérant de Terrain éco habitat
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