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Même région administrative. Même soleil méditerranéen. Même procédure nationale de base — déclaration préalable ou permis d’aménager. Et pourtant, diviser un terrain dans le Var (83) et diviser un terrain dans les Alpes-Maritimes (06), ce n’est pas du tout la même chose sur le terrain.

Entre les contraintes spécifiques liées au risque incendie, les PLU de communes dont l’identité est radicalement différente de celles de la Côte d’Azur niçoise, les prix du foncier qui varient du simple au décuple entre Draguignan et Hyères, et les territoires protégés qui couvrent une superficie considérable du département, le Var est un territoire à part entière en matière de division foncière. Voici ce qu’il faut comprendre avant de lancer votre projet.

Le cadre commun : ce qui ne change pas entre les deux départements

Commençons par ce qui est identique — parce que le Code de l’urbanisme s’applique uniformément sur tout le territoire national.

La règle de base ne change pas : toute division d’un terrain en vue de bâtir constitue un lotissement et requiert une autorisation d’urbanisme. Le choix entre déclaration préalable de division et permis d’aménager suit le même critère déclencheur dans le Var et dans les Alpes-Maritimes : la création ou non de voies, d’espaces ou d’équipements communs entre les lots.

Si la division n’entraîne pas la création de voies ou d’équipements communs aux lots, et se situe en dehors d’un site patrimonial remarquable, des abords des monuments historiques ou d’un site classé, la déclaration préalable de division suffit. 

Les délais d’instruction nationaux s’appliquent de la même façon : un mois pour la déclaration préalable, trois mois pour le permis d’aménager, avec les mêmes majorations possibles en secteur protégé. Le géomètre-expert reste incontournable dans les deux départements pour le bornage et la constitution du dossier.

Ce qui change, c’est tout le reste.

La différence majeure dans le Var : le risque incendie de forêt

C’est le facteur qui n’existe pas — ou très peu — dans les Alpes-Maritimes sous la même forme, et qui peut bloquer ou transformer radicalement un projet de division terrain Var : le Plan de Prévention des Risques d’Incendie de Forêt (PPRIF).

Approuvé par le préfet, le PPRIF vaut servitude d’utilité publique. Son plan de zonage est la carte réglementaire du PPRIF, élaborée sur la base de la carte des aléas, la carte des enjeux et la carte de la défendabilité. 

Dans le Var, ce document couvre un nombre considérable de communes — notamment dans le Massif des Maures, l’Estérel, et l’arrière-pays varois — et délimite trois types de zones aux conséquences très différentes pour un propriétaire souhaitant diviser son terrain :

Le règlement du PPRIF distingue les zones d’interdiction de construire, dites zones rouges, lorsque le niveau d’aléa est fort et que la règle générale est l’interdiction de construire ; les zones soumises à prescriptions, dites zones bleues, lorsque le niveau d’aléa est moyen et que les projets sont soumis à des prescriptions adaptées ; et les zones non directement exposées aux risques mais où des constructions peuvent être réglementées. 

Concrètement : un terrain situé en zone rouge PPRIF dans le Var est inconstructible, quelle que soit sa nature dans le PLU. Si vous souhaitez le diviser pour créer un lot à bâtir, votre projet est bloqué — non par la mairie, mais par une servitude d’utilité publique que rien ne peut contourner localement.

En zone bleue, la construction reste possible mais sous prescriptions strictes : distance minimale par rapport aux bois et forêts, matériaux de construction imposés, débroussaillement obligatoire autour des constructions, accès pompiers à prévoir, parfois réservoirs d’eau exigés. Ces prescriptions impactent directement la conception et le coût du projet de construction sur le lot détaché.

Dans les Alpes-Maritimes, le risque incendie existe mais les PPRIF sont moins systématiquement présents sur les communes côtières et périurbaines les plus demandées (Nice, Antibes, Cannes, Grasse). Dans le Var, il concerne une proportion beaucoup plus large du territoire, y compris des communes très recherchées comme Sainte-Maxime, Le Lavandou, Bormes-les-Mimosas ou Cogolin.

Réflexe à avoir avant tout projet de division terrain dans le Var : consulter le PPRIF de la commune sur le portail des services de l’État dans le Var, ou directement en mairie. C’est la première vérification à effectuer, avant même d’étudier le PLU.

Le PLU dans le Var : une grande hétérogénéité à maîtriser

Dans les Alpes-Maritimes, le littoral est densément urbanisé et les PLU des communes les plus demandées sont souvent très contraignants en termes d’emprise au sol, de hauteur et de prospects. Dans le Var, la réalité est beaucoup plus hétérogène — et c’est à la fois une opportunité et une complexité.

Acheter un terrain dans le Var reste plus facile que dans les Bouches-du-Rhône ou dans les Alpes-Maritimes, même si le marché est toujours très difficile dans l’agglomération toulonnaise ou du côté de Draguignan. 

Cette hétérogénéité se retrouve dans les règlements de PLU Var commune par commune. Certaines communes côtières très prisées — Sainte-Maxime, Saint-Tropez, Ramatuelle, Gassin — ont des PLU très restrictifs, qui limitent la densité, imposent des surfaces minimales importantes par lot, et intègrent souvent des règles architecturales et paysagères spécifiques. À l’inverse, des communes de l’arrière-pays — Draguignan, Brignoles, Vidauban, Lorgues — offrent des règlements plus souples et des possibilités de division plus accessibles.

La loi ALUR de 2014 a supprimé le COS (Coefficient d’Occupation des Sols) et les surfaces minimales constructibles au niveau national. Cette suppression se traduit par une constructibilité plus accessible, afin d’encourager la densification et de limiter l’étalement urbain.

Mais de nombreuses communes varoises ont compensé cette suppression en introduisant d’autres contraintes dans leur PLU : emprise au sol maximale, retrait par rapport aux limites séparatives, hauteur maximale — qui aboutissent en pratique à des tailles minimales de lots imposées de facto.

Les prix du foncier dans le Var : des écarts vertigineux

La valeur des lots créés après division parcellaire 83 varie dans des proportions qui n’ont pas d’équivalent dans les Alpes-Maritimes littoralles, plus uniformément chères.

Le prix au m² d’un terrain constructible varie considérablement selon les communes varoises : 125 €/m² à Carcès, 204 €/m² à Draguignan, 402 €/m² à Fréjus, 438 €/m² à Saint-Raphaël, 522 €/m² à Toulon, 582 €/m² à La Garde, 644 €/m² au Castellet, et jusqu’à 754 €/m² à Hyères. 

Ces écarts ont une conséquence directe sur la rentabilité d’un projet de division : à Draguignan, un lot de 800 m² détaché vaudra environ 160 000 €. Le même lot à Hyères ou à La Garde dépassera 450 000 €. La faisabilité économique d’une division ne se calcule donc jamais de façon uniforme dans le Var — il faut systématiquement l’ancrer dans les prix réels du secteur géographique précis.

Les autres contraintes spécifiques au Var à ne pas négliger

Les espaces boisés classés (EBC) sont très présents dans le Var, notamment dans les communes du Massif des Maures et de l’Estérel. Un terrain partiellement couvert d’EBC ne peut pas être défriché pour créer un lot constructible — le classement EBC interdit tout changement de destination et toute coupe d’arbres non autorisée.

La loi Littoral s’applique aux communes côtières du Var comme dans les Alpes-Maritimes, avec les mêmes principes d’extension de l’urbanisation en continuité des zones déjà urbanisées et d’inconstructibilité de la bande des 100 mètres depuis le rivage. Mais la géographie varoise — avec ses nombreuses calanques, presqu’îles et zones naturelles — rend l’application de cette loi particulièrement contraignante sur certaines communes.

Les servitudes de passage pour défense des forêts contre l’incendie (DFCI) sont fréquentes dans le Var. Ces pistes et chemins forestiers font l’objet de servitudes qui peuvent grever les parcelles et compliquer la conception d’une division.

Tableau comparatif : Var (83) vs Alpes-Maritimes (06)

Critère

Var (83)

Alpes-Maritimes (06)

PPRIF

Très présent, concerne une grande partie du territoire

Présent mais moins systématique sur le littoral

Prix foncier

125 à 750 €/m² selon les secteurs

200 à 1 200 €/m² (fourchette plus haute)

PLU

Très hétérogène selon commune

Dense et restrictif sur le littoral

Loi Littoral

Applicable sur le littoral varois

Applicable sur le littoral azuréen

EBC

Très présents (Maures, Estérel)

Présents mais moins systématiques

ABF

Nombreux monuments historiques

Nombreux monuments historiques

Procédure de base

Identique (DP ou PA)

Identique (DP ou PA)

Géomètre requis

Oui, indispensable

Oui, indispensable

Le certificat d’urbanisme opérationnel : le réflexe numéro un dans le Var

Avant de mandater un géomètre, avant de déposer un dossier, avant même de faire une offre sur un terrain à diviser dans le Var, une étape s’impose : demander un certificat d’urbanisme opérationnel (CU de type B) en mairie.

Ce document gratuit, délivré dans un délai de deux mois, vous indique si votre terrain est constructible, quelles règles s’appliquent (PLU, PPRIF, servitudes), et si votre projet de division et de construction est réalisable dans le cadre réglementaire en vigueur. Il vous informera des règles d’urbanisme à respecter sur votre parcelle, y compris le PPRn et les servitudes spécifiques. 

Dans le Var, où le PPRIF peut rendre un terrain juridiquement constructible selon le PLU mais réglementairement inconstructible selon la servitude d’utilité publique, le certificat d’urbanisme est particulièrement indispensable. Il fige également les règles d’urbanisme applicables pendant 18 mois — un avantage précieux dans un contexte où les PLU peuvent évoluer.

FAQ — sur la division terrain dans le Var

Mon terrain est en zone bleue PPRIF dans le Var : puis-je quand même créer un lot constructible ?

Oui, une zone bleue PPRIF n’interdit pas la construction — contrairement à la zone rouge. Mais elle soumet tout projet à des prescriptions obligatoires que vous devez intégrer dès la conception du lot. Ces prescriptions concernent généralement le débroussaillement dans un rayon défini autour de la construction (obligation légale en PACA à la charge du propriétaire), les matériaux de construction (toiture, menuiseries, bardage), la distance par rapport à la forêt, et parfois la présence d’une réserve d’eau pour les secours. Ces contraintes doivent être anticipées dans le projet architectural du futur acquéreur du lot — et elles peuvent impacter la valeur de la parcelle détachée si elles génèrent des surcoûts de construction significatifs. Un certificat d’urbanisme opérationnel vous donnera le détail précis des prescriptions applicables à votre parcelle.

Les règles de division sont-elles les mêmes à Toulon, Fréjus et Sainte-Maxime ?

Non — et c’est l’une des particularités du Var par rapport à un département comme les Alpes-Maritimes littorales où les PLU des communes côtières ont tendance à converger vers des règles similaires. Dans le Var, chaque commune dispose de son propre PLU, dont les règles de division parcellaire 83 peuvent varier considérablement. À Sainte-Maxime, commune très touristique à forte pression foncière, le PLU est restrictif en termes d’emprise au sol et de hauteur, avec des règles paysagères strictes. À Fréjus, ville plus étendue avec des secteurs très différents, les règles varient même au sein de la commune selon les zones du PLU. À Draguignan, chef-lieu de département en arrière-pays, les règles sont généralement plus souples et la division terrain Var y est plus accessible. Consulter le règlement du PLU de la commune précise — et idéalement solliciter un pré-dépôt auprès du service urbanisme — est toujours la première étape concrète.

La procédure de division dans le Var est-elle plus longue qu’ailleurs en raison des risques naturels ?

Elle peut l’être, notamment si votre terrain est soumis à l’avis de plusieurs services instructeurs. Dans les secteurs PPRIF, le service de l’État en charge des risques naturels peut être consulté lors de l’instruction du permis d’aménager ou de la déclaration préalable, ce qui peut allonger les délais. De même, si votre terrain est situé dans le périmètre d’un monument historique, l’avis de l’ABF est requis et rallonge le délai d’instruction d’un mois. En dehors de ces cas particuliers, les délais nationaux s’appliquent normalement : un mois pour la déclaration préalable, trois mois pour le permis d’aménager. La complexité dans le Var tient davantage à la phase préalable — vérification du PPRIF, du PLU, des servitudes — qu’à la procédure administrative elle-même, qui reste identique à celle applicable dans les Alpes-Maritimes ou tout autre département.

Est-il rentable de diviser un terrain dans l’arrière-pays varois comme à Draguignan ou Brignoles ?

La rentabilité dépend toujours de l’équation entre le coût de la division (géomètre, autorisation, éventuelle viabilisation) et la valeur de marché des lots créés. En moyenne, les terrains constructibles dans le Var se vendent de 110 000 à 300 000 € pour des parcelles de 800 à 1 200 m². Construire une Maison Dans l’arrière-pays varois, vers Draguignan par exemple, on trouve des parcelles constructibles à partir de 50 000 € Terrain-Construction — ce qui signifie que la valeur créée par une division peut être plus modeste en valeur absolue qu’en bord de mer, mais que le coût d’entrée (prix du terrain initial) est lui aussi plus bas. La rentabilité d’une division dans l’arrière-pays varois est donc souvent bonne en termes de ratio valeur créée / coût de l’opération, à condition que le terrain initial ait été acquis à un prix cohérent avec le marché local et que les contraintes réglementaires — notamment le PPRIF — n’interdisent pas la constructibilité des lots détachés.

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Sylvain
Gérant de Terrain éco habitat
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